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25/11/2008

Amaurose de Leber : bientôt un essai chez des enfants !

P.Moullier.jpg"En 1996, la thérapie génique était dans les limbes. Dix ans plus tard, nous en sommes aux essais chez l'Homme. A l'échelle de la recherche, c'est fulgurant !". Voilà comment le Dr Philippe Moullier, directeur du laboratoire de thérapie génique de Nantes (à gauche sur la photo), résume cette formidable aventure menée contre une rétinite pigmentaire, l'amaurose de Leber.

Il faut dire que cette maladie présente l'avantage d'être très localisée, au niveau de la rétine. Or, comme le souligne Fabienne Rolling, du laboratoire de thérapie génique de Nantes, "la rétine est un organe facile à atteindre qui se prête bien aux traitements locaux". De plus, "dans une maladie telle que l'amaurose de Leber, il suffit que quelques cellules de l'épithélium pigmentaire rétinien soient ciblées par le gène thérapeutique pour que la rétine fonctionne à nouveau correctement!"

L'amaurose de Leber était donc un modèle de choix pour tenter une thérapie génique. Chez le chien briard, l'essai fut un succès (cf. note du 6 novembre). Et chez l'Homme, l'essai n'est pas encore lancé mais c'est une question de mois ! Il est programmé pour débuter fin 2009-début 2010!

La thérapie génique devrait être proposée à des enfants. En effet, avec le temps, les cellules de la rétine dans lesquelles on injecte le gène-médicament dégénèrent : l'atrophie de la rétine est alors irréversible. Il faut s'adresser à des malades dont les cellules n'ont pas eu le temps de dégénérer pour espérer tirer bénéfice du traitement.

L'essai prévoit d'inclure 9 personnes, qui seront toutes traitées au CHU de Nantes. Le Pr Weber, du CHU de Nantes, travaille dès aujourd'hui au recrutement des patients porteurs de la mutation du gène RPE65.

Un grand merci à tous ceux qui soutiennent le Téléthon sans lesquels tout cet espoir n'aurait pas vu le jour. Et un grand merci aux familles de malades. Car comme le rappelle le Dr Moullier, "l'argent n'est pas tout, il y a la rage des familles qui nous booste" !

20/11/2008

Nantes, capitale de l'espoir

Nantes-Feydeau.JPGC'est à Nantes que l'espoir de traiter la rétinite pigmentaire a pris forme ! Une collaboration entre l'équipe de Fabienne Rolling du laboratoire de thérapie génique de Nantes, le service d’ophtalmologie du CHU de Nantes et l'école vétérinaire de Nantes a d'abord abouti à un premier essai de thérapie génique contre la rétinite pigmentaire chez des chiens briards (cf. note du 6 novembre). L'essai a été couronné de succès.

Il s'agissait d'apporter dans la rétine un gène-médicament, la copie fonctionnelle du gène généralement muté chez les patients qui sont atteints de cette forme congénitale de rétinite pigmentaire, le gène RPE65. Pour cela, les chercheurs ont développé un "transporteur" : un petit virus rendu inoffensif mais dont on exploite la capacité à pénétrer les cellules humaines et à y relarguer son matériel génétique (ici, le gène-médicament!). Ce transporteur est appelé vecteur.

Forte de ce premier succès chez le gros animal, l'équipe envisage de mener un essai de thérapie génique chez l'Homme. Le vecteur AAV-4 contenant le gène RPE65 a d'ores et déjà obtenu de la part de la Commission européenne la désignation de "médicament orphelin" pour l'amaurose congénitale de Leber. Mais avant de pouvoir mener cet essai, le laboratoire de thérapie génique nantais doit produire assez de vecteurs dans des conditions irréprochables (normes BPF pour Bonnes pratiques de fabrication).

Un tout nouveau centre de production est donc en cours de construction, toujours à Nantes! Il s'agit de la plateforme Atlantic Bio GMP-ABG. Elle devrait débuter son activité courant décembre, afin de réussir à produire d'ici un an assez de vecteurs pour démarrer l'essai chez de jeunes malades.

Depuis 1997, l'AFM soutient les laboratoires impliqués dans la production de vecteurs viraux. C'est donc, une fois encore, grâce aux dons du Téléthon si cet essai verra bientôt le jour... à Nantes! Car c'est l'équipe du CHU de Nantes qui traitera les neuf patients prévus dans cet essai.

18/11/2008

Aux quatre coins du monde, des chercheurs...

Partout dans le monde, des chercheurs mettent en commun leurs efforts pour réussir à reproduire le saut d'exon et obtenir un traitement sûr et efficace le plus rapidement possible.

En France, Luis Garcia et son équipe à l'Institut de myologie sont en train de tester chez des chiens le vecteur qui permettra le saut d'exon. En 2004, c'est son équipe qui était parvenue à restaurer l'expression de la dystrophine chez des souris mdx (le modèle murin de la dystrophie de Duchenne), grâce au transfert du gène U7 codant pour un ARN anti-sens.

En Italie, Yvan Torrente étudie le saut d'exon dans des cellules souches humaines modifiées avec le gène U7.

Ensemble, Luis Garcia et Yvan Torrente, étudient la possibilité de combiner l'utilisation de cellules souches musculaires de malades (cellules dites CD133+) et un lentivirus U7 pour restaurer la dystrophine (la protéine altérée dans la dystrophie musculaire de Duchenne) et régénérer la masse musculaire.

Au Japon et aux États-Unis, Takeshi Takeda progresse dans ses recherches sur les morpholinos, des petites molécules qui permettraient le saut d'exon en se fixant sur l'ARN messager.

Aux Pays-Bas, Judith Van Deutekom explore la voie des oligonucléotides anti-sens, l'astuce probablement la plus avancée à ce jour puisqu'un essai a été lancé au niveau européen chez des enfants atteints de la maladie de Duchenne... Une autre note vous en dira plus long sur cet incroyable essai...