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20/11/2008

Nantes, capitale de l'espoir

Nantes-Feydeau.JPGC'est à Nantes que l'espoir de traiter la rétinite pigmentaire a pris forme ! Une collaboration entre l'équipe de Fabienne Rolling du laboratoire de thérapie génique de Nantes, le service d’ophtalmologie du CHU de Nantes et l'école vétérinaire de Nantes a d'abord abouti à un premier essai de thérapie génique contre la rétinite pigmentaire chez des chiens briards (cf. note du 6 novembre). L'essai a été couronné de succès.

Il s'agissait d'apporter dans la rétine un gène-médicament, la copie fonctionnelle du gène généralement muté chez les patients qui sont atteints de cette forme congénitale de rétinite pigmentaire, le gène RPE65. Pour cela, les chercheurs ont développé un "transporteur" : un petit virus rendu inoffensif mais dont on exploite la capacité à pénétrer les cellules humaines et à y relarguer son matériel génétique (ici, le gène-médicament!). Ce transporteur est appelé vecteur.

Forte de ce premier succès chez le gros animal, l'équipe envisage de mener un essai de thérapie génique chez l'Homme. Le vecteur AAV-4 contenant le gène RPE65 a d'ores et déjà obtenu de la part de la Commission européenne la désignation de "médicament orphelin" pour l'amaurose congénitale de Leber. Mais avant de pouvoir mener cet essai, le laboratoire de thérapie génique nantais doit produire assez de vecteurs dans des conditions irréprochables (normes BPF pour Bonnes pratiques de fabrication).

Un tout nouveau centre de production est donc en cours de construction, toujours à Nantes! Il s'agit de la plateforme Atlantic Bio GMP-ABG. Elle devrait débuter son activité courant décembre, afin de réussir à produire d'ici un an assez de vecteurs pour démarrer l'essai chez de jeunes malades.

Depuis 1997, l'AFM soutient les laboratoires impliqués dans la production de vecteurs viraux. C'est donc, une fois encore, grâce aux dons du Téléthon si cet essai verra bientôt le jour... à Nantes! Car c'est l'équipe du CHU de Nantes qui traitera les neuf patients prévus dans cet essai.

18/11/2008

Aux quatre coins du monde, des chercheurs...

Partout dans le monde, des chercheurs mettent en commun leurs efforts pour réussir à reproduire le saut d'exon et obtenir un traitement sûr et efficace le plus rapidement possible.

En France, Luis Garcia et son équipe à l'Institut de myologie sont en train de tester chez des chiens le vecteur qui permettra le saut d'exon. En 2004, c'est son équipe qui était parvenue à restaurer l'expression de la dystrophine chez des souris mdx (le modèle murin de la dystrophie de Duchenne), grâce au transfert du gène U7 codant pour un ARN anti-sens.

En Italie, Yvan Torrente étudie le saut d'exon dans des cellules souches humaines modifiées avec le gène U7.

Ensemble, Luis Garcia et Yvan Torrente, étudient la possibilité de combiner l'utilisation de cellules souches musculaires de malades (cellules dites CD133+) et un lentivirus U7 pour restaurer la dystrophine (la protéine altérée dans la dystrophie musculaire de Duchenne) et régénérer la masse musculaire.

Au Japon et aux États-Unis, Takeshi Takeda progresse dans ses recherches sur les morpholinos, des petites molécules qui permettraient le saut d'exon en se fixant sur l'ARN messager.

Aux Pays-Bas, Judith Van Deutekom explore la voie des oligonucléotides anti-sens, l'astuce probablement la plus avancée à ce jour puisqu'un essai a été lancé au niveau européen chez des enfants atteints de la maladie de Duchenne... Une autre note vous en dira plus long sur cet incroyable essai...



L'essai contre la Progéria a démarré!

C'était le 6 octobre dernier. Le premier essai clinique concernant la Progéria, cette maladie du vieillissement accéléré, a été lancé !

Il n'aura fallu que 5 ans pour passer de la théorie à la pratique. Si tout s'est fait si rapidement entre les essais réussis chez la souris et le passage à l'essai chez des enfants malades c'est d'une part parce que la Progéria ne bénéficie pour l'instant d'aucun traitement et d'autre part parce que les médicaments qui vont être prescrits dans cet essai sont déjà disponibles sur le marché !

Le traitement consiste en effet à combiner deux molécules de deux grandes familles : les statines, indiquées dans le traitement des plaques d'athérome -pour éviter qu'elles bouchent les artères- et la prévention des risques cardiovasculaires, et les aminobiphosphonates, utilisés dans le traitement de l'ostéoporose -pour éviter les fractures-.

Chez les souris, cette bithérapie a permis de ralentir la progression de la maladie. Des bénéfices ont été observés à la fois sur le retard de croissance, la perte de poids, la perte de cheveux, la fragilité osseuse... Mais aussi sur leur espérance de vie : elle est passée de 151 jours à 222 jours en moyenne.

Quant aux cellules de malades en culture, elles ont retrouvé, grâce à ce traitement, une morphologie normale et plusieurs autres paramètres altérés sont retournés à des valeurs normales.

Pas de faux espoirs : ce traitement ne guérira pas définitivement les malades. Mais peut-être leur permettra-t-il de vivre un peu plus longtemps une vie de meilleure qualité... C'est pour l'instant tout ce que l'on peut offrir à ces enfants qui, aujourd'hui, ne survivent en moyenne que 13 ans.

Un premier patient a déjà été inclus dans l'essai à l’hôpital de la Timone à Marseille. Quatorze autres patients européens âgés de plus de 3 ans pourront y participer. Cela peut paraître peu mais c'est plus de la moitié du nombre estimé de malades en Europe (25)!

Au début de l'essai, les patients se rendront à la consultation de l'hôpital de la Timone à Marseille pour une visite de suivi de 4 jours. Ils devront ensuite prendre quotidiennement un comprimé oral de Pravastatine (10mg/jour) et revenir à l'hôpital pour une hospitalisation de 24h au cours de laquelle ils recevront de l'acide zolédronique en injection intraveineuse pendant une demi-heure environ. Et ce, toutes les 6 semaines pour les trois premières injections et ensuite tous les trois mois.

L'essai, coordonné par Nicolas Lévy, devrait durer 3 ans. Il s'agit d'un essai dit de phase I/II où l'on évalue en fait moins l'efficacité du traitement que son absence de toxicité.

Si le traitement s'avère sans danger, tous les autres malades pourront être inclus pour la dernière phase de l'essai. Pas question d'attendre! Car s'il n'est pas toxique au pire, le traitement ne leur apportera pas de bénéfice et, au mieux, il sera bel et bien efficace!

Et tout cela grâce... aux dons du Téléthon! Cet essai est en effet financé à hauteur de 30% par le Téléthon. A nouveau, un grand merci aux donateurs !