Avertir le moderateur Les blogs du Téléthon sont hébergés par blogSpirit Téléthon 2015 header

30/10/2009

Regard de chercheur...

isabelle_richard.jpgIsabelle Richard a démarré ses recherches sur les myopathies des ceintures au tout début de l'ère de la génétique, à la création du laboratoire Généthon. « J'étais une jeune chercheuse encore dans le cadre de mes études, en thèse et je me suis intéressée à la génétique. C'était le tout début de cette nouvelle discipline scientifique et on ne connaissait rien » raconte-t-elle.

Isabelle s'occupe à l'époque de l'extraction d'ADN des prélèvements réalisés par le Pr Michel Fardeau, un des pionniers de la myologie. « Il a d'abord fallu mettre au point les outils technologiques puis localiser les gènes des myopathies des ceintures et ensuite les identifier en travaillant à partir des cartes physiques du gène réalisées par Jean Weissenbach ».

Aujourd'hui, on sait par exemple grâce à cela que Céleste et Léandre sont atteints précisément d'une bêta-sarcoglycanopathie très rare. « On la trouve habituellement dans les communautés amishs d'Amérique du nord ou à l'Île de la Réunion », explique la chercheuse. Le séquençage du gène porteur de l'anomalie responsable de cette maladie a été réalisé par le laboratoire Généthon au milieu des années 1990. « Les myopathies des ceintures, c'est l'histoire de la génétique et de Généthon », rappelle Isabelle.

Depuis, son équipe s'est étoffée. Ils sont ainsi plus d'une quinzaine à travailler sur ces maladies afin de trouver des thérapies innovantes. En tout, trois projets sur les myopathies des ceintures sont actuellement menés dans le laboratoire.

 

28/10/2009

La chirurgie du gène à l'essai

thomas_voit.jpgThomas Voit est le directeur scientifique et médical de l'Institut de Myologie, où se prépare les essais cliniques parmi les plus innovants contre la dystrophie musculaire de Duchenne (DMD).

Trois essais visent ainsi à évaluer l'efficacité de la "chirurgie du gène", une nouvelle voie thérapeutique. La maladie de Duchenne est en effet provoquée par des anomalies présentes au niveau du gène qui code pour la synthèse d'une protéine, la dystrophine. Ces anomalies empêchent la production d'une dystrophine fonctionnelle. L'objectif est donc, non pas d'introduire chez le malade un gène -médicament, comme tente de le faire la thérapie génique, mais d'essayer de forcer la machinerie cellulaire à produire une protéine fonctionnelle.

Deux de ces essais évaluent l'efficacité du saut d'exon avec des oligonucléotides (avec la technique de l'ARN antisens) ou des morpholinos (ARN antisens de synthèse). Dans ce cas, on agit au niveau du premier produit du gène, l'ARN pré-messager. Le but est de faire en sorte que son "épissage", qui donne lieu au patron de fabrication de la dystrophine (l'ARN messager) élimine les parties anormales du gène et permette la synthèse d'une protéine certes tronquée, mais fonctionnelle.

L'autre essai évalue l'intérêt de l'ataluren (autrefois appelé PTC 124), une molécule qui a cette capacité d'obliger la machinerie cellulaire à traduire la totalité du gène qui doit produire la dystrophine malgré la présence de mutations dites "non-sens" qui en interrompent la synthèse de manière prématurée. Cette technique s'adresserait donc aux patients présentant ce type de mutation, qui ne représentent que 10% des malades. Dans ces cas plus rares, la dystrophine est synthétisée mais sous une forme beaucoup trop courte pour être fonctionnelle.

« Les résultats semblent prometteurs pour ces molécules qui agissent au cœur du gène » explique Thomas Voit.

Par ailleurs, les recherches de thérapie génique se poursuivent. Avec en particulier l'étude de différentes techniques d'injection pour optimiser la diffusion des produits de thérapie génique dans l'organisme.

On voit qu'un "traitement à la carte" pourrait ainsi voir le jour avec un choix de thérapie adapté au type de mutation responsable de la maladie. Sans oublier l'éventuelle possibilité de combiner différentes approches : chirurgie du gène, thérapie génique, pharmacologie etc.

« L'utilisation des techniques différentes et combinées peut permettre à terme pour les patients de cibler plusieurs organes qui contiennent de la masse musculaire. On ne peut pas traiter le cœur comme un muscle de la jambe » explique Thomas Voit.

27/10/2009

Offrir une nouvelle peau aux malades

Au sein de l'unité Génétique du Pr Arnold Munnich et en collaboration avec le Centre de thérapie génique et cellulaire du Pr Marina Cavazzana-Calvo à l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris, Alain Hovnanian travaille sur la mise au point d'un essai de thérapie génique pour guérir l'épidermolyse bulleuse dystrophique récessive.

Objectif : corriger l'anomalie du gène COL7A1 qui empêche le collagène VII de fonctionner dans les couches profondes de la peau, entraînant le décollement cutané et la formation des bulles.

Alain Hovnanian a plus précisément opté pour la stratégie de thérapie génique ex vivo. Celle-ci consiste à cultiver des cellules de peau du malade à partir d'une petite biopsie de peau, y introduire une copie normale du gène (le gène-médicament) grâce à un vecteur sécurisé, puis multiplier les cellules "reconstruites" destinées à être greffées sur le malade.

Un essai est en cours de préparation pour vérifier la bonne tolérance du traitement tandis qu'une autre stratégie fondée sur le saut d'exon devrait être développée d'autres formes de la maladie.