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12/11/2008

Sur la piste du saut d'exon...

La découverte des possibilités de la thérapie par saut d'exon (exon skipping en anglais) est l'une des plus grandes aventures auxquelles participe le Téléthon! Il s'agit en effet d'une technique très astucieuse de chirurgie moléculaire dont la preuve de concept a été apportée dans le cadre de la maladie de Duchenne mais qui pourrait s'appliquer à bien d'autres maladies génétiques!

Comment l'a-t-on découverte? En cherchant à mimer ce que fait la Nature. Le saut d'exon est en effet un phénomène naturel qui se produit spontanément, mais très rarement, dans des cellules de souris comme dans les cellules humaines.

De quoi s'agit-il? D'une erreur de lecture! Avant de donner naissance à une protéine, le gène codé le long du brin d'ADN est en effet transcrit en une molécule appelée pré-ARN messager. Sur cette molécule il existe deux types de motifs : les introns et les exons.

Les introns sont des bouts de gènes qui vont être éliminés par "épissage". Ne vont rester après épissage que les autres séquences, les exons, collées bout à bout pour former l'ARN messager mûr. C'est cet ARN messager qui est ensuite traduit en protéine. Les exons sont donc les petites séquences du gène qui donnent la protéine et que l'on appelle pour cette raison des "séquences codantes". Une petite vidéo vous permet de voir l'explication en image.

Parfois, l'usine cellulaire saute un exon. L'exon n'est donc pas traduit et l'ARN messager donne lieu à une protéine tronquée. Or les chercheurs se sont aperçus que dans certains cas, cette protéine, bien que tronquée, reste fonctionnelle. Ce qui veut dire, que, toujours dans des cas particuliers, mieux vaut sauter un exon dans le cadre de lecture plutôt que de lire et traduire un exon porteur d'une anomalie.

C'est le cas pour la maladie de Duchenne. Lorsque des mutations au niveau du gène de la dystrophine sont conservées au niveau des exons de l'ARN messager, lues et traduites, la protéine n'est plus fonctionnelle. Mais en faisant en sorte que l'usine cellulaire saute systématiquement l'exon anormal, les chercheurs ont réussi à obtenir la synthèse d'une protéine certes légèrement différente mais tout de même fonctionnelle.

Les découvertes sur le saut d'exon remontent au début des années 1990. Elles ont eu lieu de façon simultanée dans des équipes situées pratiquement aux antipodes : en Angleterre, en Australie, au Japon, en Suisse,... Depuis, de très nombreuses équipes tentent, par différents moyens de provoquer ce saut d'exon.

Des premiers résultats spectaculaires concernant la myopathie de Duchenne ont été obtenus sur la souris au sein du laboratoire Généthon, un laboratoire créé et financé par l'Association française contre les myopathies (AFM) grâce aux dons du Téléthon. Réalisés en moins de deux ans, ces travaux ont permis de réparer les muscles de souris modèles de la myopathie de Duchenne!

Un essai a été lancé en Europe pour vérifier l'efficacité de ce type de thérapie chez des enfants malades. En parallèle, des chercheurs tentent d'identifier d'autres maladies génétiques qui pourraient bénéficier de cette "chirurgie moléculaire", à savoir des maladies où la protéine responsable reste fonctionnelle lorsqu'elle est tronquée. Déjà, on sait qu'elle pourrait être efficace dans la béta-thalassémie, l'hémophilie A ou encore l'épidermolyse bulleuse...

La saga du saut d'exon ne fait que commencer!

06/11/2008

Jean-Christophe et Béatrice construisent l'avenir

Thomas_parents.jpgJean-Christophe et Béatrice sont les parents du petit Thomas. Comme lui, ils combattent sa maladie au quotidien depuis 6 ans. Au début, quand les médecins leur ont annoncé que leur fils était atteint d'une myopathie de Duchenne, ils ont voulu tout savoir, tout comprendre sur cette maladie. Ils se sont rapprochés d'autres parents au sein de la délégation AFM pour connaître leur expérience.

Aujourd'hui, Jean-Christophe et Béatrice savent exactement à quoi s'attendre. Ils savent que la maladie de Thomas évolue. Alors ils ont décidé d'être réactifs et de répondre à ses besoins à tout moment le mieux possible. Pour cela, ils anticipent pour ne pas se laisser dépasser par le temps qui, chaque jour, vole un peu plus de forces à leur fils. Ils construisent l'avenir. Avec un gros projet : un nouvel appartement qui offre une accessibilité complète. Ascenseur, portes et couloirs suffisamment larges pour faire passer un fauteuil électrique, salle de bains adaptée... chaque équipement, chaque mesure ont été pensées.

Une démarche courageuse! Car avec cet appartement en construction, la famille de Thomas entre vraiment dans la maladie. Comme le dit Béatrice, "on a beau s'y préparer, tant qu'on n'est pas dans cette réalité, ça reste un concept". Mais s'y préparer, ce n'est pas accepter. Les parents de Thomas sont clairs : ils refusent la fatalité. Ils ont dit non à l'inéluctable et se sont engagés auprès du Téléthon pour la recherche de nouveaux traitements.

Béatrice et Jean-Christophe le savent : la guerre est loin d'être gagnée. "Aujourd'hui, beaucoup de gens pensent que les traitements sont là. Mais nous, parents, nous savons bien qu'il reste un long chemin à parcourir. Et que nous n'y arriverons pas seuls!". Alors, avec leur fils, ils viendront les 5 et 6 décembre sur le plateau du Téléthon chercher un peu d'espoir et beaucoup de soutien!

04/11/2008

Thomas et l'hôpital des peluches

thomas©JP.Pouteau.jpgVous ne le connaissez pas mais son visage ne vous est peut-être pas inconnu...
Thomas, c'est l'ambassadeur du Téléthon 2008, celui qui vous adresse son petit sourire en coin au-dessus de son sweat rouge sur toutes les affiches.

Thomas a 8 ans. Il peut donner l'impression d'être un petit garçon comme les autres. Mais Thomas est malade. A l'âge de 2 ans, les médecins lui ont diagnostiqué une maladie des muscles irréversible, la maladie de Duchenne.

Aujourd'hui, Thomas marche. Mais dans quelques années, ses jambes ne le soutiendront plus. Depuis quelques mois déjà, il éprouve des difficultés à monter les escaliers, se réveille avec des douleurs. En juin, pour la première fois, il a calé sur le chemin de l'école et a dû s'asseoir sur un banc. Alors au début de l'été, ses parents lui ont offert un petit scooter électrique qui lui a rendu son autonomie... et un grand sourire!

Pourtant, depuis 6 ans, il se prête courageusement à des soins préventifs très contraignants. Ils suit deux séances de kinésithérapie d'une heure par semaine et porte des attelles toutes les nuits. Malheureusement, ça ne suffit pas. Au quotidien, quand il va à l'école, quand il s'amuse à la maison, quand il joue des percussions au Conservatoire, Thomas n'arrive pas à oublier sa maladie. Elle est là, qui évolue inexorablement. Alors, comme tant d'autres enfants atteints de cette myopathie, il espère que les chercheurs trouveront vite un moyen de guérir sa maladie.

En attendant les progrès dans la vraie vie, Thomas joue à l'hôpital des peluches. Car, pour lui, sa peluche "souris" est elle aussi atteinte de myopathie. Alors, avec elle, il parle de sa maladie...