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02/11/2009

Les lentes étapes d’un essai clinique

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«Mais pourquoi le lancement d'un essai thérapeutique chez l'homme est-il si lent?» s'interrogent les familles. Pour les patients comme Julien qui attendent un traitement, les délais de la recherche sont bien longs...

Même une fois la preuve de concept apportée chez l'animal, il faut du temps avant d'essayer un nouveau traitement chez l'homme. Ce délai repose notamment sur de nombreuses étapes réglementaires dont il faut bien comprendre qu'elles représentent une sécurité pour les futurs patients.

Ainsi, lorsque des essais de thérapie génique menés in vitro puis chez l'animal s'avèrent concluant, à la fois en terme de tolérance (sécurité d'emploi) et d'efficacité, il est nécessaire, avant le passage à l'homme, de déposer une demande d'autorisation auprès de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). C'est elle, qui, en accord avec différentes commissions, juge de la faisabilité du projet.

Le projet de thérapie génique appliquée à l'épidermolyse bulleuse dystrophique récessive est arrivé à cette étape réglementaire. L'équipe fait au plus vite grâce à l'aide de Généthon. Ces dossiers sont en effet complexes et longs à rédiger, c'est pourquoi, Généthon a créé en 2001 une équipe dédiée dirigée par Didier Caizergues (que l'on voit concentré sur ses dossiers en photo). Celle-ci accompagne les chercheurs très en amont en les aidant à anticiper les étapes de l'essai dès sa conception et à prendre en compte tous les paramètres pour le dépôt de dossier à l'Afssaps.

Une fois le dossier déposé à l'Afssaps, il faudra attendre que l'Agence donne son accord. La première phase clinique de l'essai de thérapie génique pour l'épidermolyse bulleuse dystrophique récessive pourra alors démarrer. Il est destiné à étudier la bonne tolérance et la faisabilité de ces greffes, et prévoit d'inclure quatre patients.

C'est le Pr Alain Hovnanian, des Services de Dermatologie et Génétique de l'hôpital Necker-Enfants malades qui verra les enfants et les adultes pour l'essai clinique et décidera, avec ses collègues cliniciens, des personnes qui pourront être inclues. (Contact : 01 44 49 46 68 et 01 44 49 43 37).

27/10/2009

Offrir une nouvelle peau aux malades

Au sein de l'unité Génétique du Pr Arnold Munnich et en collaboration avec le Centre de thérapie génique et cellulaire du Pr Marina Cavazzana-Calvo à l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris, Alain Hovnanian travaille sur la mise au point d'un essai de thérapie génique pour guérir l'épidermolyse bulleuse dystrophique récessive.

Objectif : corriger l'anomalie du gène COL7A1 qui empêche le collagène VII de fonctionner dans les couches profondes de la peau, entraînant le décollement cutané et la formation des bulles.

Alain Hovnanian a plus précisément opté pour la stratégie de thérapie génique ex vivo. Celle-ci consiste à cultiver des cellules de peau du malade à partir d'une petite biopsie de peau, y introduire une copie normale du gène (le gène-médicament) grâce à un vecteur sécurisé, puis multiplier les cellules "reconstruites" destinées à être greffées sur le malade.

Un essai est en cours de préparation pour vérifier la bonne tolérance du traitement tandis qu'une autre stratégie fondée sur le saut d'exon devrait être développée d'autres formes de la maladie.

 

21/10/2009

A la découverte du gène…

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Quand le Pr Alain Hovnanian (Services de Génétique et de Dermatologie, hôpital Necker-Enfants malades, Paris), a commencé à travailler sur l'épidermolyse bulleuse, « il n'y avait rien, on ne connaissait pas le gène responsable de la maladie ».

Pour lui, tout a commencé avec la rencontre d'une famille originaire du bassin méditerranéen dont trois enfants étaient atteints d'une épidermolyse bulleuse dystrophique récessive.

« Lorsque j'ai débuté mon internat à l'hôpital, je me suis intéressé à cette maladie qui était si sévère, dont on ne savait que peu de choses et pour laquelle il n'existait pas de traitement. J'ai cherché à rencontrer une famille consanguine qui avait trois enfants atteints à des degrés divers d'épidermolyse bulleuse. Cette famille a accepté que l'on fasse un prélèvement sanguin et de la peau sur chaque enfant et grâce à eux, et à d'autres familles qui ont accepté de participer à cette étude, la recherche a fait un bond en avant. Nous avons pu identifier le gène responsable de la maladie (le gène du collagène VII, Col7A, codant pour les fibres d'ancrage) et, de nombreuses années plus tard, le premier gène modificateur de la maladie ».

Petit à petit, les prélèvements de nombreuses autres familles leur ont été adressés et ont été confiés à la banque de tissus de Généthon, ce qui a permis de faire avancer la recherche pour d'autres formes d'épidermolyses bulleuses. « On compte aujourd'hui une vingtaine de formes cliniques différentes, dues à des mutations dans au moins 12 gènes».