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28/10/2009

La chirurgie du gène à l'essai

thomas_voit.jpgThomas Voit est le directeur scientifique et médical de l'Institut de Myologie, où se prépare les essais cliniques parmi les plus innovants contre la dystrophie musculaire de Duchenne (DMD).

Trois essais visent ainsi à évaluer l'efficacité de la "chirurgie du gène", une nouvelle voie thérapeutique. La maladie de Duchenne est en effet provoquée par des anomalies présentes au niveau du gène qui code pour la synthèse d'une protéine, la dystrophine. Ces anomalies empêchent la production d'une dystrophine fonctionnelle. L'objectif est donc, non pas d'introduire chez le malade un gène -médicament, comme tente de le faire la thérapie génique, mais d'essayer de forcer la machinerie cellulaire à produire une protéine fonctionnelle.

Deux de ces essais évaluent l'efficacité du saut d'exon avec des oligonucléotides (avec la technique de l'ARN antisens) ou des morpholinos (ARN antisens de synthèse). Dans ce cas, on agit au niveau du premier produit du gène, l'ARN pré-messager. Le but est de faire en sorte que son "épissage", qui donne lieu au patron de fabrication de la dystrophine (l'ARN messager) élimine les parties anormales du gène et permette la synthèse d'une protéine certes tronquée, mais fonctionnelle.

L'autre essai évalue l'intérêt de l'ataluren (autrefois appelé PTC 124), une molécule qui a cette capacité d'obliger la machinerie cellulaire à traduire la totalité du gène qui doit produire la dystrophine malgré la présence de mutations dites "non-sens" qui en interrompent la synthèse de manière prématurée. Cette technique s'adresserait donc aux patients présentant ce type de mutation, qui ne représentent que 10% des malades. Dans ces cas plus rares, la dystrophine est synthétisée mais sous une forme beaucoup trop courte pour être fonctionnelle.

« Les résultats semblent prometteurs pour ces molécules qui agissent au cœur du gène » explique Thomas Voit.

Par ailleurs, les recherches de thérapie génique se poursuivent. Avec en particulier l'étude de différentes techniques d'injection pour optimiser la diffusion des produits de thérapie génique dans l'organisme.

On voit qu'un "traitement à la carte" pourrait ainsi voir le jour avec un choix de thérapie adapté au type de mutation responsable de la maladie. Sans oublier l'éventuelle possibilité de combiner différentes approches : chirurgie du gène, thérapie génique, pharmacologie etc.

« L'utilisation des techniques différentes et combinées peut permettre à terme pour les patients de cibler plusieurs organes qui contiennent de la masse musculaire. On ne peut pas traiter le cœur comme un muscle de la jambe » explique Thomas Voit.

22/10/2009

Simon : aboutir à un traitement, ça urge!

Simon a neuf ans. Il est atteint de la maladie de Duchenne qui le prive petit à petit de la force de ses muscles. Pour son âge, la maladie a déjà beaucoup évolué. Simon ne peut plus marcher. Il est en train de perdre l'usage des ses membres supérieurs et se fatigue très vite.

Anne, sa maman, s'inquiète. « Quand Simon a perdu la marche cela a été un choc pour nous tous à la maison, mais le fauteuil roulant électrique permet de compenser les jambes. Maintenant, il est en train de perdre les gestes du haut du corps. Il ne peut déjà presque plus écrire à l'école. Comment va-t-il faire quand il ne pourra même plus saisir une télécommande ? Pour l'instant, il compense en inventant des stratégies pour utiliser ses bras. Mais demain ? ».

La maladie évolue vite. Très vite comparé aux autres enfants atteints de la même maladie. Trop vite. Alors au cours des Journées des Familles, un rassemblement organisé par l'AFM, Simon a interpellé les chercheurs : « Il faut avancer plus vite dans la recherche, il faut trouver un médicament ! ». Sa maman aussi exprimait ce sentiment d'urgence : « maintenant il faut aller vite, et si un essai démarre prochainement dans la myopathie de Duchenne, je pense que l'on pourrait inclure Simon. Il serait d'accord et moi aussi. La recherche et tout ce qui avance en ce moment, c'est tout ce qui nous booste et nous aide à affronter le quotidien. »

14/10/2009

Zoom sur la dystrophie musculaire de Duchenne

La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est une maladie rare des muscles (myopathie) due à une anomalie du gène de la dystrophine. Cette protéine, l'une des "briques" des fibres musculaires, n'est plus synthétisée. En son absence, les cellules musculaires s'abîment en se contractant. Cette dégénérescence est au début de la maladie compensée par la régénération de tissu musculaire mais au fil du temps le système s'essoufle et les enfants perdent petit à petit leur force musculaire.

Le gène DMD est situé sur le chromosome X, c'est pourquoi seuls les garçons sont atteints. En effet, n'ayant qu'un seul chromosome X, s'ils possèdent une copie anormale du gène, aucune autre copie du gène n'est présente pour compenser l'anomalie. Les filles, elles, sont porteuses saines car elles possèdent deux chromosomes X et donc deux copies du gène : la copie "normale" du gène suffit en règle général à synthétiser une quantité suffisante de dystrophine pour que l'anomalie de l'autre gène passe inaperçue...

Pour l'heure, aucun traitement curatif n'existe. Mais la prise en charge a permis d'augmenter considérablement la qualité et l'espérance de vie des jeunes malades. Surtout, la recherche a permis des avancées considérables depuis la découverte du gène en 1986 !

De nombreuses pistes thérapeutiques sont aujourd'hui explorées par plusieurs équipes de recherche. Leur but est d'attaquer la maladie sur tous les fronts en suivant la moindre étincelle d'espoir. Rien ne dit en effet quelle piste aboutira, quel traitement sera le plus efficace, ni quelles thérapies pourront être combinées.

Résultat : de nombreux essais sont en cours. Après des années de "vide", on en arrive même au stade où l'on va manquer de patients pour réussir à tester toutes les innovations thérapeutiques en parallèle!

Le front de la recherche progresse... Et ce, en grande partie grâce aux dons du Téléthon!

Pour en savoir plus sur la DMD.