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03/11/2009

De la thérapie génique au traitement médicamenteux

IMG_0088.JPGAprès avoir lancé et exploré une piste pleine d'espoir, la thérapie génique, Isabelle Richard et son équipe ont ouvert une nouvelle voie de traitement pour l'alpha-sarcoglycanopathie (LGMD2D).

Cette maladie au nom compliqué est une myopathie des ceintures liée à des mutations du gène codant l'alpha-sarcoglycane, une protéine du complexe des sarcoglycanes. Ce complexe assure la stabilité et la résistance mécanique de la membrane de la cellule lors des contractions du muscle.

Un tiers des patients atteints de cette maladie sont porteurs d’une même mutation (R77C). Il a donc été réalisé un modèle murin de la maladie reproduisant cette mutation. En étudiant le devenir de l'alpha-sarcoglycane dans ce modèle animal, les chercheurs ont découvert qu'en réalité, la conséquence de la mutation R77C était la production d’une protéine dont la malformation était responsable, non pas d'une perte de fonction, mais de son élimination prématurée par le "contrôle qualité" cellulaire au niveau du réticulum endoplasmique.

Les chercheurs ont alors eu l'idée d'étudier l'impact de molécules capables d’inhiber l’alpha-mannosidase, un élément-clé de ce fameux système de contrôle qualité. Ils ont injecté l’une de ces molécules par voie intramusculaire aux souris et... l'alpha-sarcoglycane mutée est venue se glisser normalement au niveau de la membrane cellulaire! Rendant ainsi de nouveau fonctionnel le complexe des sarcoglycanes.

De fait, les chercheurs ont constaté une baisse des atteintes dystrophiques dans les fibres musculaires traitées...

Ces travaux ouvrent des perspectives thérapeutiques nouvelles non seulement pour la LGMD2D causée par ce type de mutation mais aussi pour d’autres sarcoglycanopathies dûes au même type de mutations, c’est-à-dire des mutations perturbant l’adressage des protéines dans la membrane.

Avec son équipe de Généthon, Isabelle travaille pour accélérer le passage des essais de la souris à l'homme. Elle devrait bientôt tester cette piste thérapeutique pour la mutation dont souffrent Céleste et Léandre (voir le précédent post) afin de déterminer si elle peut être envisageable. Un grand espoir pour la famille Loison!

30/10/2009

Regard de chercheur...

isabelle_richard.jpgIsabelle Richard a démarré ses recherches sur les myopathies des ceintures au tout début de l'ère de la génétique, à la création du laboratoire Généthon. « J'étais une jeune chercheuse encore dans le cadre de mes études, en thèse et je me suis intéressée à la génétique. C'était le tout début de cette nouvelle discipline scientifique et on ne connaissait rien » raconte-t-elle.

Isabelle s'occupe à l'époque de l'extraction d'ADN des prélèvements réalisés par le Pr Michel Fardeau, un des pionniers de la myologie. « Il a d'abord fallu mettre au point les outils technologiques puis localiser les gènes des myopathies des ceintures et ensuite les identifier en travaillant à partir des cartes physiques du gène réalisées par Jean Weissenbach ».

Aujourd'hui, on sait par exemple grâce à cela que Céleste et Léandre sont atteints précisément d'une bêta-sarcoglycanopathie très rare. « On la trouve habituellement dans les communautés amishs d'Amérique du nord ou à l'Île de la Réunion », explique la chercheuse. Le séquençage du gène porteur de l'anomalie responsable de cette maladie a été réalisé par le laboratoire Généthon au milieu des années 1990. « Les myopathies des ceintures, c'est l'histoire de la génétique et de Généthon », rappelle Isabelle.

Depuis, son équipe s'est étoffée. Ils sont ainsi plus d'une quinzaine à travailler sur ces maladies afin de trouver des thérapies innovantes. En tout, trois projets sur les myopathies des ceintures sont actuellement menés dans le laboratoire.

 

26/10/2009

Du traumatisme de l'annonce à la lutte contre la maladie

famille_loison_celeste_leandre.jpgLorsque les parents de Céleste et Léandre ont découvert que leurs deux enfants étaient atteints d'une maladie génétique qui allait progressivement détériorer certains de leurs muscles, « c'est la vie de toute la famille qui a été bouleversée » explique la maman, Anne-Isabelle.

La famille Loison a tout changé : le travail, la maison (désormais accessible au fauteuil de Léandre), leur regard sur les autres, sur le monde. Découvrez ici leur témoignage émouvant recueilli il y a deux ans.

Aujourd'hui, les Loison sont résolument tournés vers l'avenir, prêts à combattre la maladie, avec l'espoir que, bientôt, Céleste et Léandre puissent bénéficier d'un traitement.

Cette année, plus que jamais, la famille est engagée aux côtés du Téléthon puisque Céleste et Léandre sont les ambassadeurs officiels de cette 23ème édition. Ils viendront expliquer en leur nom leurs espoirs et leurs attentes d'un nouvel avenir, pour eux comme pour tous les autres malades atteints de myopathies et de maladies rares.